Cri d’Europe: tout sauf la réelection de Barack Obama!

Un soupçon paranoïaque en 2008 devient raisonnable en 2012: l’indifférence pour l’Europe de Barack Obama est-elle de nature ethno-culturelle?

2012, quatre ans que Barack Obama dirige les États-Unis, volens nolens le Congrès. En politique internationale, dans le peu d’initiatives prises -rarement prix Nobel de la Paix fut autant usurpé- , il faut constater la disparition à l’agenda du volet « Europe ». Ce n’est pourtant pas les occasions de coopérer qui ont manqué: est-ce alors (1) qu’un homme ET noir ET de père kenyan ET mère tiers-mondiste ET grandi en Indonésie puis à Hawaï  ne dispose pas de l’affectif nécessaire pour préserver une relation pluriseculaire?

Cette semaine un nouvel épisode du désengagement américain en Europe a eu lieu: l’abandon complet du projet de défense anti-missiles en Pologne (2). Avec l’indifférence vis-à-vis de la Géorgie, choyée par son prédécesseur, le désengagement de Bosnie comme du Kosovo -problèmes loin d’être réglés- et un rapport (3) dénonçant les pratiques « islamophobes » des laïcités européennes, les Europeens déchantent. Ils étaient pourtant 70% à le plébisciter pour sa campagne de 2008… Cruelle hypnose d’électeurs immatures.
Si le réalignement stratégique des USA vers le Pacifique est dans l’ordre des choses, avec la montée des tensions en Asie (Mer de Chine, Birmanie, Indonésie), le manque d’égards pour les partenaires européens est criant: la Pologne a appris sans préavis, par Wikileaks, la décision américaine, et ce alors que la Russie donne des signes de raidissement (voir la revendication d’une attaque de la Géorgie préparée, et non en suite à l’intervention de Saakashvili en Ossétie (4)). Pologne, fidèle allié en Irak comme en Afghanistan, la leçon est rude à Varsovie, qui désespérée demande un projet de remplacement à Allemagne et France tout en soutenant ouvertement Mitt Romney (5).

La gestion de la crise financière est le deuxième volet illustrant la déchirure transatlantique. Dans un premier temps, George W.Bush a apporté son maigre soutien à l’initiative de Sarkozy de l’automne 2007, stoppant l’hémorragie. Mais par la suite, impossible de dissuader les américains d’exporter la crise en Europe: en choisissant la planche à billets, l’Euro s’est trouvé sous pression alors même que les entreprises de la zone suffoquaient sous la hausse des taux d’emprunt liée à la crise de confiance interbancaire. Le président Obama, chéri des européens, a ainsi plongé l’Europe dans une crise économique puis politique, car celle-ci dispose d’institutions trop faibles, mal coordonnées et au final des nations peu solidaires au moment de vérité.
Ce scénario n’était pas inconnu d’Obama: Stiglitz et les économistes anglo-saxons n’ont cessé de l’évoquer depuis la création de l’Euro (6).
Cette indifférence a-t-elle été compensée par un activisme vis-à-vis du dumping des pays émergents, singulièrement la Chine? Le président américain n’a pas osé tenter le bras de fer: les USA ne disposent-ils pas des armes suffisantes (monnaie, protectionnisme) pour y faire face? Laissons donc l’Europe à son sort!
Même lors des sommets sur le réchauffement climatique Obama nous a plantés, ouvrant massivement la voie aux gaz de schiste.

Le scénario eut-il été différent si un président blanc avait été élu? Ici, gare aux égarements: les USA ont toujours défendu leur intérêt sans tergiverser. Mais l’Alliance des Démocraties (7) proposée par le challenger John McCain aux Européens montrait chez cet homme un intérêt stratégique pour les alliés « naturels » des Américains. On peut laisser tout le bénéfice du doute à Barack Obama, il n’empêche qu’il ne nous considère plus comme ses alliés « naturels ». Et que veut dire « naturel » sinon partageant une solidarité ethno-culturelle? Je ne dis pas une solidarité des valeurs à dessein: si les « valeurs » primaient dans l’alliance euro-américaine, alors la ségrégation raciale, l’initiale réticence à la création d’Israël, la forte religiosité, la peine de mort, la démocratie indirecte, la légalité de l’intervention en Irak et tant d’autres auraient condamné notre alliance.
C’est que celle-ci repose sur notre ressemblance, culturelle comme ethnique, et ce critère est aussi sulfureux que déterminant.

(1) les « ET » s’ajoutent, car aucun facteur seul ne peut être tenu pour déterminant, notemment le facteur racial: un noir de Louisiane a sûrement plus d’accointances avec l’Europe qu’un blanc de californie; désormais, 20¨% des Américains se déclarent d’origine américaine, signe que l’éloignement de l’Europe dépasse la personne de Barack Obama.

(2) La Pologne a appris le désengagement américain par… Wikileaks! How Obama lost Poland FP 30/07 ; Poland calls « mistake » cooperation with US over missile defense 04/08

(3) US hits out at Europe, Egypt over religious freedoms; nous comparer à l’Egypte, où les chrétiens sont harcelés, violés, leurs églises incendiées, il fallait oser. Parole de Sikh.

(4) Ex-adviser to Putin , Ilarionov says order to attack Georgia was given on August 4th (Soit 4 jours avant le début de la guerre)

(5) Poland wants to build missile defense system with France, Germany Ria 11/08 ; Poland welcomes Romney’s visit, WSJ 21/07

(6) La Grande Désillusion, 2002.

(7) John McCain’s League of Democracies

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Bref éloge de l’hypocrisie

L’hypocrisie, quelle mauvaise réputation! (1) J’aurais aimé prendre sa défense à une autre occasion, mais celle du jour a le mérite de la simplicité, et de mettre à nu les gens dont l’inconséquence leur en fait porter critique.

L’hypocrisie honnie du jour est donc parvenue à mes oreilles distraites par l’émission militante de Sonia Kronlund, Les Pieds sur Terre, sur France Culture. (2)
Pour ceux qui ne la connaissent pas, un bon concept: des témoignages touchants et sincères dans différentes situations sociales, souvent en crise ou au bord de la crise. Concept bien vite gâté par un parti pris 68-ard aussi caricatural que la droite le rêve.

Aujourd’hui, émission dédiée aux travailleuses du sexe du Bois de Boulogne. On notera l’immersion risquée dans un des univers de la prostitution française absolument pas représentative des 80% de praticiennes étrangères, 60% mineures et autant d’exploitées. L’hypocrisie aujourd’hui dénoncée? Celle prêtée à la droite, et à la gauche dans la bouche de Najat Vallaud-Belkacem, de vouloir mettre un terme à une pratique que l’on ne peut que cacher, au prix de l’insécurité des praticiennes.

L’argument se tient, presque. À peine caricaturé, il aboutit à la fin des prisons pour les voleurs qui ne sont que la conséquence des inégalités et à la fin de la lutte contre la pollution car de toutes façons, carpe diem et profit immédiat (Pour prendre deux exemples aux marqueurs idéologiques opposés).

À l’opposé, j’ose soutenir qu’il faille sans relâche postuler que la condition de la femme est souillée par ces pratiques, tout autant que celle de l’homme dont on découvre à peine les dégâts de sa chosification contemporaine sous l’œuvre de la publicité et du constructivisme. (3)

Oui, fixer des idéaux au-dessus de la moyenne de l’être humain est le propre de l’Homme, sa dignité essentielle. Vouloir plus de soi-même ne doit pas être constamment découragé au prétexte de nos faiblesses et de nos échecs. Inversement, les cauchemars utopiques du XXe siècle nous montrent qu’il ne faut pas empêcher les rédemptions, une faute se surmonte, et celui qui a surmonté ses fautes est porté par une force majeure que celui qui n’a jamais fauté (Outre la suffisance qui trop souvent gâte le mérite de ceux qui n’ont pas fauté).

Ne voulons-nous pas mettre un terme à l’esclavage, alors même qu’il se poursuit sous des formes plus raffinées?
Ne voulons-nous pas déminer les pensées racistes, alors que la société multiculturelle amène à des relations humaines multiracistes?
Ne voulons-nous pas le meilleur pour nos enfants, alors-même que nous nous refusons à leur laisser un monde durable?

Ce que porte trop souvent la dénonciation de l’hypocrisie, c’est le crépuscule des idéaux et l’accommodement avec l’état de nature, y compris quand celui-ci est médiocre. Si le premier je dénonce le mépris du réel, ce n’est guère pour l’accepter tel quel comme finalité irréductible, mais bien pour faire de la prise en compte du réel la condition préalable à l’action.

Or avec la dénonciation de l’hypocrisie, nous préparons le terrain à la frustration, née du conflit entre l’acceptation du présent contre les utopies consolatrices qui nous vendent un autre réel.

La théologie chrétienne a eu à traiter cette tension depuis longtemps. Dieu est difficilement saisissable, il nous incite à nous comporter mieux tout en acceptant notre sort par la perspective expiatoire ou compensatoire du paradis. Certains en ont conclu de l’absence de Dieu, de son indifférence, de son injustice. D’autres de la liberté qu’il nous offre de pourvoir à notre avenir par nous-mêmes. Dieu a tout dit. À nous de faire. (4)
L’hypocrisie n’est alors souvent que le mot qui vient à la bouche de ceux qui ont baissé les bras.

En matière de prostitution, je vous invite à lire cet éditorial de Mona Chollet, revue Périphéries. Merci.

(1) Lire le remarquable éloge paradoxal de Dom Juan de Molière, A V s 2, classique du genre.

(2) Les Pieds sur Terre, épisode Les Dames du Bois de Boulogne. Sonia Kronlund a aussi été scénariste du film Raï, où l’on trouve confirmation de l’indigence de sa perception du monde.

(3) Etrange modernité, pour qui il a été plus facile de rabaisser l’homme que d’élever la femme…

(4) J’emprunte ces mots à Rémi Brague.

Ce soir

Ce soir, 2h et demie d’ébats présidentiels. Ce soir, DSK regrette, ressent un profond manque, une boule au ventre… Et j’arrête là, avant de me rétracter.

Ce soir aussi, Ségolène Royal va observer son ancien époux et ses 2 heures et demie d’ébats. Du jamais vu, pense-t-elle.

Ce soir encore, Giulia sera dans les bras de Carla pour observer son champion de père, roi des gamètes.

Ce soir enfin, Marine Le Pen n’observera que de loin les saillies présidentielles à son encontre: elle en est sûre, dès le 6 mai, ne l’appelez plus pouliche.

Délit d’incompréhension des religions

Faut-il introduire le délit d’ « incompréhension de l’islam« ?

Ainsi, on justifierait le combat contre les « islamophobes » et les « islamistes », constamment mis sur un pied d’égalité.

Prochaine étape: délit d’ incompréhension du christianisme, parce que tous ces christianistes nous empêchent de vivre.

Et bien sûr, des cours de formation théologique des juges, toujours plus appelés à se faire cadis et inquisiteurs.

http://t.co/bgSi7cG9

« UK arrests seven Muslims on suspicion of misunderstanding Islam, financing Somali jihad

So many Misunderstanders of Islam, and yet none of those who understand it properly as having nothing to do with jihad terrorism ever lift a finger to disabuse these poor Misunderstanders of their errors. »