Du bon et mauvais relativisme

Quand je me considère, je me désole mais quand je me compare, je me console (1)

Le relativiste n’est pas celui que l’on croit. Mode intellectuelle oblige, il a vidé de son sens tout le travail de Claude Lévi-Strauss. (2)

Car loin de tout égaliser par la comparaison, il semble au contraire que plus on regarde vers l’autre, plus on apprend à l’aimer, moins en tant que copie de moi-même déguisé sous les apparats d’une autre culture, qu’en tant que porteur d’autres réponses et parfois d’autres questions.
Et, à force d’admirer cet autre dialogue entre le particulier et l’universel qu’est une autre culture, on en vient à s’aimer. Oui, soi-même, en tant qu’autre composant de la diversité humaine, autre parcelle du génie de l’univers.

Les relativistes qui aboutissent au relativisme aujourd’hui décrié, partisans de l’autoflagellation tout autant que de la xénophilie, font autant de mal à eux-mêmes qu’aux autres.
À eux-mêmes, car à refuser de croire en les qualités de leur culture ils se refusent à la comprendre, à l’amender, à la léguer. Fut-elle moins bonne que la légende le veut, il s’agit là quand même d’une perte pour l’humanité. Et si d’autres de par le monde y adhèrent, peut-être qu’elle…
À eux-mêmes encore, car ils mettent en péril ceux qui y pensent et y vivent, et ne sont pas prêts à effectuer ce saut eschatologique dans le vide, cette si longtemps désirée posture de l’humain faisant abstraction de sa culture pour parvenir à l’objectivité. Laissons cette quête à Dieu, car l’humain sans culture n’arrive qu’à produire de l’inhumain. L’Homme objectif n’est encore qu’une de ces fictions utopiques, utile comme moyen méthodologique de compréhension, mais qui postulées comme fin en soi mènent aux totalitarismes.(3)
À eux-mêmes, mais aussi aux autres. Le préjugé favorable accordé à toute culture étrangère n’est pas l’honorer. Car ce préjugé est motivé en partie par la haine, ou simplement l’indifférence à soi. C’est refuser aux autres cultures une unicité, une exemplaire singularité qui permet de les considérer comme les égales des cultures européennes.
Car là est ce paradoxe, esquissé par Castoriadis, Kolakowski et résumé par Dewitte (4): par ce nihilisme, on continue à accorder à la culture européenne une prééminence. Celle de se prévaloir d’être inutile, et donc d’accéder à l’humain supérieur, neutre. Celui qui n’a pas besoin de culture pour répondre au Mal par le Bien. (5)
Quand en plus on constate que cette europhobie ne s’accompagne que rarement d’un regard curieux pour les autres cultures… Bruno Gollnisch n’est-il pas un meilleur connaisseur des cultures asiatiques, dont le Japon, que l’écrasante majorité de ses contempteurs enragés? Cela, outre de questionner le rapport entre culture et politique, laisse songeur… Être si ouvert au monde, et si peu « relativiste »! (6)

PS: la semaine dernière, Thalassa a rendu justice au peuple Jarawa, dans les Îles Andaman. Pour ceux qui ont raté cette enquête au sein d’un peuple qui n’a pas de contact direct avec l’humanité moderne, au point de ne pas savoir allumer un feu, visionnez-le. Une manière de complexifier sa vision de l’universalisme, et du rapport à l’Autre. L’intégrer et le détruire? Le protéger et lui nier les droits humains les plus élémentaires? (7)

(1) Maxime attribuée à Talleyrand, mais que l’on retrouve sous d’autres formulations jusqu’à… la Bible! Où il s’agit, à l’inverse, de condamner cette attitude qui consiste à regarder pire que soi pour se soulager de ses péchés.

(2) Tristes Tropiques, Race et Histoire ne sont ni les oeuvres xérophiles  maladroitement invoquées par la gauche après les mots d’Yves Roucaute dans la bouche de Claude Guéant, ni à ce point les oeuvres islamophobes comme tendent à le montrer les extraits diffusés par la droite depuis quelques années. Il n’en reste pas moins que dans ses entretiens en fin de vie, l’anthropologue se désole de l’appauvrissement du monde par métissage sur le moins-disant. 

(3) Le totalitarisme n’est pas uniquement un système politique privant l’individu de son individualité, c’est aussi un projet de transformation autoritaire de la nature humaine par le politique. Le scientisme risque ainsi d’être le terreau des totalitarismes à venir.

(4) Dewitte, L’Exception Européenne; Kolakowski, Modernity on Endless Trial , Castoriadis, The Crisis of Western Societies entre autres pour chacun des auteurs cités.

(5) L’abandon de la religion par les sociétés européennes a favorisé cette prétention, autrefois occupée par Dieu. Depuis Descartes, mais aussi Saint-Thomas d’Aquin, tenter de prouver par les voies profanes ce qui est moral a permis de se débarrasser de l’argument d’autorité de celui qui parlait au nom de Dieu. Cet indiscutable progrès a néanmoins  favorisé l’excès inverse: l’affaiblissement progressif de tout cheminement vers le consensus moral, Hegel ayant été peut-être le dernier à en tenter l’aventure. Plus platement, notre époque moderne donne égale dignité à celui qui fait preuve de peu de réflexion qu’à celui qui en fait beaucoup. Le pire et le meilleur à égalité, soit. Mais la prétention à vouloir répondre à ces questions seul, convaincu de pouvoir parler sans lieu de départ… 

(6) Provocation finale, confortée par ces hordes de muséovores qui disent avoir visité une exposition, n’en retiennent rien, et se vantent d’y être accourus les premiers. On leur demande: qu’en retirez-vous? On reçoit: c’était beau, instructif, enrichissant, dépaysant… poncifs auquel il faut répondre: c’est un peu court, monsieur.

(7) Thalassa: http://www.thalassa.france3.fr/?page=archives&id=400&rep=3319 ; youtube: les safari humains organisés par les Indiens.

Les journalistes ne demandent qu’à être flattés

Calomnions, calomnions, il en restera toujours quelque chose.
Beaumarchais aurait pu transposer cet adage à la flatterie, mais c’eût été démoraliser ce pauvre barbier de Figaro.
Demain, on rase gratis! Oui, tout bon commercial, et les barbiers de l’époque en étaient assurément, savent que toute réclame atteint un minimum son objectif.
Mais s’il est un corps qui apprécie encore plus que le peuple d’être flatté, c’est les journalistes.
Flattons, flattons, il en restera toujours quelque chose.
Ces mots sont à mémoriser pour tout aspirant à une rente médiatique: footballeur professionnel, acteur engagé, humoriste rebellocrate, greluche audiovisuelle, dandy de bac à sable, homme d’affaires déguisé en tiers-mondistes va-nu-pieds, et bien sûr homme politique.

Suite à l’émoi qui a saisi le bas-ventre d’un microcosme journalistique trop bavard sur Twitter, je suis formel: Nicolas Sarkozy a perdu car il a épousé une chanteuse. Et pas une journaliste. Au moins aurait-il pu tromper Carla avec la première carriériste de canapé venue, spécimen malheureusement moins rare qu’envisagé par les féministes de salons de satin. ( je fais référence au licenciement du journaliste Salviac par RTL, suite à son énième chute de style aux dépends de la compagne du président. )
En moins de 140 caractères, c’est dit: lui nous comprend, et nous écoute sur l’oreiller.
Toujours en moins de 140 caractères, une visite à la BNF suffit aux accompagnateurs de l’information officielle pour en conclure à la réconciliation avec l’art. Cette cohorte de la superficialité, faute de temps au mieux, de goût pour la plupart, s’attache beaucoup au verni des choses. Un journaliste embedded, ou in bed pour les plus audacieux, inbred pour leur descendance, aime boire une coupe de vin après une traversée en dix minutes d’une bibliothèque réunissant des siècles de savoir. Au reste, ce sont les mêmes qui plébiscitent le Quai Branly, ce haut lieu de l’humiliation des dignités humaines. On y attire la classe moyenne parisienne -entendez les journalistes, et leurs époux/ses publicitaires, leurs couples sont solides: ils partagent objectifs, et souvent agendas- avec une nouvelle exposition transdisciplinaire. Comprenez: s’intéresser aux Arawaks, ça va bien deux minutes, mais quand est-ce qu’on se regarde le nombril?
Après le cauchemar de Darwin, le cauchemar de Levi-Strauss.
Et revenons-en au cauchemar de Beaumarchais: oui, la flatterie comme la calomnie laisse toujours des traces.
François Hollande commence décidément bien son quinquennat: les journalistes sont moins serviles qu’ils ne sont vaniteux. À bon entendeur.

La gauche doit-elle reconquérir le vote blanc?

1. La gauche est majoritaire dans le vote populaire au second tour, certes. Majoritaire chez les cadres, aussi. Mais elle est minoritaire chez les catholiques, tandis qu’elle est hégémonique chez les musulmans.
Minoritaire chez les français de souche et sans origine extra-européenne, hégémonique chez les français dits « minorités visibles ». (Opinion way, plus de 9000 répondants)

2. La gauche doit ainsi sa victoire à ce peuple nouveau, qui vote à gauche parce qu’il ne veut pas être pointé du doigt, mais qui par son vote montre qu’il se distingue du peuple traditionnel, réponse automatique au doigt pointé. La conséquence et la causalité tournent en rond. (Nouveau peuple : théorisé par Terra Nova, club de réflexion proche du Parti Socialiste)

3. La gauche est le porte-voix d’une noble idée, celle de la nation contractuelle. Le problème, c’est que nouvellement et anciennement venus ne sont pas d’accord sur les termes du contrat.

4. Quand la droite tente de développer un discours assimilateur, elle invite l’immigration récente à franchir la barrière mentale -culturelle aussi pour l’extrême-droite- qui la sépare du corps traditionnel.

5. Quand l’immigration récente vote massivement à gauche, elle invite le corps traditionnel à se faire à l’idée que le trait d’union entre les citoyens n’est pas à trouver dans leurs goûts, mais dans leurs droits.

6. Ces deux visions sont soutenues par deux idées distinctes de la solidarité: elle est naturelle (ou obligatoire) vue de gauche, peu importe les affinités. L’attitude de solidarité suffit à engager la réciproque.
Elle est d’autant plus intense et sincère, vue de droite, qu’elle se fonde sur des opinions communes, des intérêts communs, des valeurs communes, et en définitive une vision partagée de l’avenir.

7. Le hic de la vision de gauche, c’est que la simple existence d’une vision de droite régulièrement majoritaire suffit à invalider le postulat selon lequel les bonnes intentions sont payées de leur monnaie. Pire: en son sein même, des Indivisibles aux associations communautaristes, de la gauche caviar au soutien (relatif) des islamistes, c’est plus le droit à se délier des obligations communes qui grignote du terrain et parasite les esprits. La liberté de l’individu de s’associer à d’autres pour se libérer de certaines contraintes sociales et légales en vient à trahir l’idéal progressiste tel qu’énoncé depuis Rousseau.

8. Le hic de la vision de droite, outre qu’elle se heurte à 60 ans de définition des droits humains -souvent en contradiction de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789, cf religion-, c’est de ne pas croire à la bonté spontanée des contractants, ce qui évidemment s’applique aussi à la volonté de s’assimiler. Des lors sa vision repose sur le coercitif, et in fine l’ethnique ou le racial offrent les meilleurs résultats. Et alors, comment empêcher d’autres de raisonner selon le même principe agrégateur? Le refuser, c’est  aller au totalitarisme, et l’histoire des Morisques d’Espagne -ou de ces crypto-Juifs découverts récemment au Portugal- le montre, le soupçon perdure. Inversement, le tolérer c’est accepter ce multiculturalisme refusé au début.

9. Revenons à la politique: comment reconquérir le vote blanc, à gauche? Car à terme, on risque de cristalliser deux peuples. Déjà les critères socio-économiques , religieux et de séparation spatiale sont des déterminants forts du choix de société. Cela veut dire que peuple de gauche et de droite différent dans leurs choix, mais pire, se cotoyent de moins en moins.

10. Ou, autre hypothèse pour éviter la scission: reconquérir le vote coloré par la droite. Quelques pistes: expliciter ce que l’on entend par assimilation; expliciter un parcours d’assimilation; mettre en place l’aide et le soutien nécessaire, sur la base de la gratuité; se mouiller la chemise et aller avec bienveillance à la rencontre de ce peuple nouveau; être intraitable sur la discrimination qui perdure une fois assimilés, et celle qui pourrait compromettre le parcours d’assimilation; pour ne pas susciter des vocations hypocrites, expliciter le sort de ceux qui n’ont pas vocation à s’assimiler, ce qui implique bien sûr la refonte du code de la nationalité; en contrepartie, accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales, mais avec possibilité de recours au préfet quand des politiques contraires à la République sont mises en œuvre.

11. Reconquérir le vote blanc, coloré, et si possible refondre la nation avant qu’elle ne se scinde pour de bon. De droite, j’ai des amis et des connaissances qui ne me parlent plus depuis mon choix électoral. Ça leur passera, mais c’est révélateur. Je suis inaudible, donc inexistant. Inversement, je constate que nombre de compagnons sont indifférents aux mots des populations colorées. Cette attitude aussi est mauvais signe.

Note 1: le sondage complet Opinionway ici

Note 2: les juifs de Belmonte, Portugal ici

Note 3: une étude de l’INED montre que la couleur de la peau est un bon prédictif du choix partisan.

Note 4: l’extrême-gauche communiste avait ceci en commun avec la droite que l’homogénéité des inclinaisons fortifiait le peuple, mais en vue d’éradiquer les injustices. La fin de la lutte des classes, l’avènement de la classe unique en était le parachèvement. 

Les yeux grand fermés

Quand pour vivre en société il devient obligatoire de singer les primates dominants

Quand la politesse est suspecte d’être le faux-nez de la condamnation morale 

Quand leur  exhortation à jouir se fait plus pressante

Alors nous savons que c’est la mort qui les taraude, ronge et éprouve

Et ils voudraient couvrir leur peur d’un bruyant éclat de rire

Se divertir à en mourir, et vous venez tout gâcher

Car dans votre regard ils ne reconnaissent pas la même frayeur

Qui êtes-vous pour vous permettre de ne pas l’étouffer sous nos ricanement?

  Ils se sont dit, raisonnant de travers: «Il est court et triste le temps de notre vie, et, quand vient la fin d’un homme, il n’y a point de remède; on ne connaît personne qui délivre du séjour des morts.
Le hasard nous a amenés à l’existence, et, après cette vie, nous serons comme si nous n’avions jamais été; le souffle, dans nos narines, est une fumée, et la pensée, une étincelle qui jaillit au battement de notre coeur.
Qu’elle s’éteigne, notre corps tombera en cendres, et l’esprit se dissipera comme l’air léger.
Notre nom tombera dans l’oubli avec le temps, et personne ne se souviendra de nos oeuvres. Notre vie passera comme une trace de nuée; elle se dissipera comme un brouillard, que chassent les rayons du soleil, et que la chaleur condense en pluie.
Notre vie est le passage d’une ombre; sa fin est sans retour, le sceau est apposé et nul ne revient.
«Venez donc, jouissons des biens présents; usons des créatures avec l’ardeur de la jeunesse,
enivrons-nous de vin précieux et de parfums, et ne laissons point passer la fleur du printemps.
Couronnons-nous de boutons de roses avant qu’ils ne se flétrissent.
Qu’aucun de nous ne manque à nos orgies, laissons partout des traces de nos réjouissances; car c’est là notre part, c’est là notre destinée.
«Opprimons le juste qui est pauvre; n’épargnons pas la veuve, et n’ayons nul égard pour les cheveux blancs du vieillard chargé d’années.
Que notre force soit la loi de la justice; ce qui est faible est jugé bon à rien.
Traquons donc le juste, puisqu’il nous incommode qu’il est contraire à notre manière d’agir, qu’il nous reproche de violer la loi, et nous accuse de démentir notre éducation.
Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et se nomme fils du Seigneur.
Il est pour nous la condamnation de nos pensées, sa vue seule nous est insupportable;
car sa vie ne ressemble pas à celle des autres, et ses voies sont étranges.

Ils se croient libérés donc libres, autruches!

Comme ces femmes qui ont quelque peur

Et se voilent la face l’inconnu les menace

Ils vantent les choix les plus absurdes

Ne jurent que par le libre-arbitre

Mais sont les premiers à vous damner 

Ecartez-vous des prêcheurs de tolérance!

La proclamer n’est pas la désirer

Et la désirer n’est pas la réaliser

De cela certains ont conscience

Et ils en redoublent de haine

Celle qui les habite les dévore pourtant ils s’épargnent

Et vous éreintent sans relâche et sans grâce

Il est alors plus doux de rejoindre la ronde des insouciants

Car la solitude est fardeau plus lourd que le courage

Et c’est ainsi que tant de gens de bien cèdent

Virevoltent en tempo infernal au milieu des spectres rigolants

Les yeux grand fermés. 

Amis de gauche

Je me suis reconnecté à Wikibrain, pour me rafraîchir un peu la mémoire. Un universitaire des années 20 a publié une somme sur « les gens de gauche ». Utile pour comprendre ces quelques lignes de Poussin le jeune:

Je suis toujours frappé, en présence de gens de gauche, de constater à quel point ils ont envie que le Bien existe. Ils ont tellement envie de se rassurer, oui, de postuler l’existence du Paradis, qu’ils en sont encore plus touchants que les croyants. Comme des petits phoques allant pour la première fois à la mer, la crainte au regard. Pour eux, ce monde si dur car ni ouvertement bon, ni ouvertement mauvais, les laisse orphelins du sein maternel. Souvent plus touchants que d’authentiques croyants: les gens de gauche n’ont pas la certitude de Dieu récompensant et châtiant.
Mais c’est là aussi leur perte: sans Justice transcendante, ils tâtonnent à sa recherche. Leur boussole: s’éloigner du Mal. Ce qu’ils comprennent en général au premier degré: ce qui est Mal, c’est ce qui fait mal. Un coup de pied au même niveau qu’Hitler, une déception amoureuse qu’une erreur de calcul de pilote d’avion. En l’absence de toute réflexion sur le mal nécessaire, les gens de gauche s’exposent sans cesse à se faire berner par le premier gentil autoproclamé venu. Yannick Noah qui paye ses impôts à l’étranger ne peut être un méchant fraudeur du fisc: il chante ses bonnes intentions. C’est pour eux un homme de bien, plus qu’un employeur qui se résout à licencier 30 salariés après 20 ans d’activité.
Alors les gens de gauche, ils vont voter Hollande. Ce dernier sera contraint à la rigueur, à la maîtrise des flux migratoires, à capituler devant les marchés. Mais cette évidence aussi mécanique que la rupture d’une branche sèche par temps de grand vent, les gens de gauche ne veulent pas y croire. Et même si la tempête devait frapper, ils sont persuadés qu’un gentil capitaine essaiera d’épargner un peu de souffrance aux plus faibles, même si pour cela il doit rendre plus improbable le redressement.
Ah! Les gens de gauche. Pacifistes en 1939, et tous surpris de retrouver dans le maquis dès 1940, et bien organisés, les affreux nationalistes leurs ennemis.
Du Vietminh à Cuba, du Printemps Arabe à Milosevic, c’est toujours en bonne conscience que mis face à leur pusillanimité, ils protestent leurs bonnes intentions.

Vous verrez, si l’échec d’Hollande amène un méchant Front National en 2017, ils seront encore là à vous reprocher d’avoir eu raison avant tout le monde. Vous aviez raison, mais tort de ne pas être gentil.

Ce soir

Ce soir, 2h et demie d’ébats présidentiels. Ce soir, DSK regrette, ressent un profond manque, une boule au ventre… Et j’arrête là, avant de me rétracter.

Ce soir aussi, Ségolène Royal va observer son ancien époux et ses 2 heures et demie d’ébats. Du jamais vu, pense-t-elle.

Ce soir encore, Giulia sera dans les bras de Carla pour observer son champion de père, roi des gamètes.

Ce soir enfin, Marine Le Pen n’observera que de loin les saillies présidentielles à son encontre: elle en est sûre, dès le 6 mai, ne l’appelez plus pouliche.