Les journalistes ne demandent qu’à être flattés

Calomnions, calomnions, il en restera toujours quelque chose.
Beaumarchais aurait pu transposer cet adage à la flatterie, mais c’eût été démoraliser ce pauvre barbier de Figaro.
Demain, on rase gratis! Oui, tout bon commercial, et les barbiers de l’époque en étaient assurément, savent que toute réclame atteint un minimum son objectif.
Mais s’il est un corps qui apprécie encore plus que le peuple d’être flatté, c’est les journalistes.
Flattons, flattons, il en restera toujours quelque chose.
Ces mots sont à mémoriser pour tout aspirant à une rente médiatique: footballeur professionnel, acteur engagé, humoriste rebellocrate, greluche audiovisuelle, dandy de bac à sable, homme d’affaires déguisé en tiers-mondistes va-nu-pieds, et bien sûr homme politique.

Suite à l’émoi qui a saisi le bas-ventre d’un microcosme journalistique trop bavard sur Twitter, je suis formel: Nicolas Sarkozy a perdu car il a épousé une chanteuse. Et pas une journaliste. Au moins aurait-il pu tromper Carla avec la première carriériste de canapé venue, spécimen malheureusement moins rare qu’envisagé par les féministes de salons de satin. ( je fais référence au licenciement du journaliste Salviac par RTL, suite à son énième chute de style aux dépends de la compagne du président. )
En moins de 140 caractères, c’est dit: lui nous comprend, et nous écoute sur l’oreiller.
Toujours en moins de 140 caractères, une visite à la BNF suffit aux accompagnateurs de l’information officielle pour en conclure à la réconciliation avec l’art. Cette cohorte de la superficialité, faute de temps au mieux, de goût pour la plupart, s’attache beaucoup au verni des choses. Un journaliste embedded, ou in bed pour les plus audacieux, inbred pour leur descendance, aime boire une coupe de vin après une traversée en dix minutes d’une bibliothèque réunissant des siècles de savoir. Au reste, ce sont les mêmes qui plébiscitent le Quai Branly, ce haut lieu de l’humiliation des dignités humaines. On y attire la classe moyenne parisienne -entendez les journalistes, et leurs époux/ses publicitaires, leurs couples sont solides: ils partagent objectifs, et souvent agendas- avec une nouvelle exposition transdisciplinaire. Comprenez: s’intéresser aux Arawaks, ça va bien deux minutes, mais quand est-ce qu’on se regarde le nombril?
Après le cauchemar de Darwin, le cauchemar de Levi-Strauss.
Et revenons-en au cauchemar de Beaumarchais: oui, la flatterie comme la calomnie laisse toujours des traces.
François Hollande commence décidément bien son quinquennat: les journalistes sont moins serviles qu’ils ne sont vaniteux. À bon entendeur.

Amis de gauche

Je me suis reconnecté à Wikibrain, pour me rafraîchir un peu la mémoire. Un universitaire des années 20 a publié une somme sur « les gens de gauche ». Utile pour comprendre ces quelques lignes de Poussin le jeune:

Je suis toujours frappé, en présence de gens de gauche, de constater à quel point ils ont envie que le Bien existe. Ils ont tellement envie de se rassurer, oui, de postuler l’existence du Paradis, qu’ils en sont encore plus touchants que les croyants. Comme des petits phoques allant pour la première fois à la mer, la crainte au regard. Pour eux, ce monde si dur car ni ouvertement bon, ni ouvertement mauvais, les laisse orphelins du sein maternel. Souvent plus touchants que d’authentiques croyants: les gens de gauche n’ont pas la certitude de Dieu récompensant et châtiant.
Mais c’est là aussi leur perte: sans Justice transcendante, ils tâtonnent à sa recherche. Leur boussole: s’éloigner du Mal. Ce qu’ils comprennent en général au premier degré: ce qui est Mal, c’est ce qui fait mal. Un coup de pied au même niveau qu’Hitler, une déception amoureuse qu’une erreur de calcul de pilote d’avion. En l’absence de toute réflexion sur le mal nécessaire, les gens de gauche s’exposent sans cesse à se faire berner par le premier gentil autoproclamé venu. Yannick Noah qui paye ses impôts à l’étranger ne peut être un méchant fraudeur du fisc: il chante ses bonnes intentions. C’est pour eux un homme de bien, plus qu’un employeur qui se résout à licencier 30 salariés après 20 ans d’activité.
Alors les gens de gauche, ils vont voter Hollande. Ce dernier sera contraint à la rigueur, à la maîtrise des flux migratoires, à capituler devant les marchés. Mais cette évidence aussi mécanique que la rupture d’une branche sèche par temps de grand vent, les gens de gauche ne veulent pas y croire. Et même si la tempête devait frapper, ils sont persuadés qu’un gentil capitaine essaiera d’épargner un peu de souffrance aux plus faibles, même si pour cela il doit rendre plus improbable le redressement.
Ah! Les gens de gauche. Pacifistes en 1939, et tous surpris de retrouver dans le maquis dès 1940, et bien organisés, les affreux nationalistes leurs ennemis.
Du Vietminh à Cuba, du Printemps Arabe à Milosevic, c’est toujours en bonne conscience que mis face à leur pusillanimité, ils protestent leurs bonnes intentions.

Vous verrez, si l’échec d’Hollande amène un méchant Front National en 2017, ils seront encore là à vous reprocher d’avoir eu raison avant tout le monde. Vous aviez raison, mais tort de ne pas être gentil.

Ce soir

Ce soir, 2h et demie d’ébats présidentiels. Ce soir, DSK regrette, ressent un profond manque, une boule au ventre… Et j’arrête là, avant de me rétracter.

Ce soir aussi, Ségolène Royal va observer son ancien époux et ses 2 heures et demie d’ébats. Du jamais vu, pense-t-elle.

Ce soir encore, Giulia sera dans les bras de Carla pour observer son champion de père, roi des gamètes.

Ce soir enfin, Marine Le Pen n’observera que de loin les saillies présidentielles à son encontre: elle en est sûre, dès le 6 mai, ne l’appelez plus pouliche.